By-pass gastrique en Y
Principe
Avec la technique du bypass ( ou court-circuit gastrique), l’estomac est séparé en 2, créant une petit estomac. Cette petite poche d’estomac (qui reçoit les aliments) est raccordée directement par le chirurgien au milieu de l’intestin grêle, par l’intermédiaire d’un montage antireflux. Cela permet, à la fois, de diminuer la quantité d’aliments avalés et leur absorption par le corps. C’est une modification anatomique à vocation définitive même si elle peut être réversible. Cette opération est réalisée depuis plus de 50 ans. Elle est donc bien connue dans ses effets et ses complications possibles.
L'intervention chirurgicale
Vous arrivez à la clinique la veille ou le matin de l’intervention. Celle-ci dure en général entre 1h30 à 3h, selon votre poids ou l’existence d’opérations précédentes sur l’abdomen.
Cette intervention se fait sous anesthésie générale et le plus souvent en coelioscopie. Exceptionnellement, l’opération est faite par une incision classique (laparotomie) qui peut être décidée avant l’opération ou pendant l’intervention quand des difficultés particulières apparaissent.
La pratique de la chirurgie par coelioscopie peut entrainer par elle-même des complications très exceptionnelles mais qui peuvent être graves (perforation intestinale, hémorragie de la paroi ou d’organes abdominaux). Leur reconnaissance immédiate permet en général une réparation sans séquelle mais elles peuvent parfois passer inaperçues lors de l’intervention et nécessiter de réopérer quelques jours plus tard.
Après l'intervention chirurgicale
Après l’opération, une surveillance attentive est très importante car la grande majorité des complications survient pendant les premiers jours postopératoires. Les tuyaux qui auront pu être mis en place pendant l’intervention (sonde dans la vessie, drain de l’abdomen, perfusion) vous seront retirés dans les jours suivants et vous pourrez reprendre progressivement votre alimentation.
Vous serez hospitalisé entre 2 et 5 jours en moyenne. Cette hospitalisation peut être prolongée s’il s’agit d’une 2ème ou 3ème opération, ou si une complication est diagnostiquée.
Pour votre confort et votre confiance, il est important de bien suivre les conseils alimentaires donnés par le la diététicienne et prendre les vitamines. Il faut manger calmement, lentement, ne pas boire pendant les repas et bien mâcher lors de la reprise des aliments solides. Un programme ou des conseils d’alimentation vous seront remis. Un accompagnement psychologique est également souvent utile.
Vous devez vous engager à revoir votre chirurgien et votre nutritionniste pour un suivi à long terme. La perte de poids importante des 3 premiers mois entraîne une fatigue importante car elle concerne aussi les muscles. La pratique d’une activité physique est donc conseillée et doit commencer progressivement le plus tôt possible après l’intervention (environ 2 à 3 semaines après). C’est elle qui permet de reconstituer le muscle, ce qui réduira votre fatigue. Ces nouvelles règles de vie limiteront également le risque de reprise de poids. Après une chirurgie de l’obésité, ce risque débute souvent 2 à 3 ans après votre intervention.
Après votre retour à la maison, si certains signes apparaissent, vous devez appeler votre chirurgien ou le centre de chirurgie de l’obésité rapidement sans attendre : pouls >120/min, essoufflement, douleurs abdominales aigues ou intenses, fièvre supérieure à 38, saignements par l’anus ou vomissements répétés, douleurs des épaules en particulier à gauche, car ces symptômes peuvent traduire la survenue d’une complication.
La grossesse est très déconseillée pendant les 18 mois après l’opération. Une contraception efficace est donc impérative pendant cette période. Dans tous les cas, vous devez prendre rendez-vous avec la nutritionniste ou votre centre de chirurgie de l’obésité dès le début de votre grossesse.
Résultats attendus
Le bénéfice attendu de l’opération est que vous perdiez une grande partie de votre excès de poids sans le reprendre à long terme. C’est aussi de diminuer, voire supprimer les maladies associées comme l’hypertension artérielle, le diabète, l’apnée du sommeil ou les douleurs articulaires.
La perte moyenne d’excès de poids à attendre avec cette intervention, est de 65 à 70% à 5 ans (l’excès de poids correspond au nombre de kilos que vous avez en trop par rapport à votre poids idéal attendu, calculé sur la base d’un IMC entre 23 et 25).
Complications possibles
Comme dans toute intervention chirurgicale, il existe des risques lors de la réalisation d’un by-pass y compris sur le plan vital (mortalité : 0,2%).
Les complications précoces
Il existe un risque de fuite sur les sutures entre l’estomac et l’intestin. C’est ce que l’on appelle une fistule (2 à 3%). Cela peut provoquer un abcès, voire une péritonite. C’est donc une complication grave qui nécessite une prise en charge médicale (fibroscopie interventionnelle et/ou ponction sous contrôle radio) et parfois une ré-opération pour lavage et drainage de la fistule, une hospitalisation prolongée pouvant durer plusieurs semaines et la mise en place d’une alimentation artificielle. Cette complication survient généralement dans les premiers jours. Une reprise opératoire à distance est parfois nécessaire.
Il existe aussi un risque de saignement (1 à 2%) qui justifie une surveillance étroite dans les premiers jours. S’il est parfois utile de vous transfuser en cas d’anémie, le saignement ne nécessite qu’exceptionnellement une ré-intervention.
Le risque de phlébite (caillot dans les veines) et d’embolie pulmonaire existe toujours même s’il est rare (<1%). C’est pourquoi on vous demandera de vous mobiliser dès le lendemain, de porter des bas de contention et d’avoir, après l’opération, des piqûres pour fluidifier le sang.
Les complications tardives
Les vomissements qui sont plutôt des rejets d’aliments ou de crachats peuvent être dus à une erreur de comportement alimentaire mais aussi à un problème chirurgical. Ils doivent être signalés dans les plus brefs délais à l’équipe soignante. La prise de vitamines ne doit pas être arrêtée pendant cette période sous peine de complications graves.
La réalisation d’un by-pass entraine une malabsorption de plusieurs vitamines nécessitant de prendre des compléments vitaminiques tous les jours et à VIE. Il est impératif de contrôler l’absence de carence vitaminique 1 à 2 fois par an dans le cadre du suivi nutritionnel.
L’ulcère anastomotique (c’est-à-dire sur la suture entre l’estomac et l’intestin) se manifeste par des douleurs abdominales et parfois des vomissements de sang. Il est favorisé par le tabac ou la prise d’anti-inflammatoires ou d’aspirine. Le diagnostic est confirmé par fibroscopie. Le traitement est habituellement médical mais peut être aussi chirurgical en cas de perforation, d’hémorragie ou de sténose.
Le dumping syndrome est un malaise associé à des palpitations, nausées, maux de tête, diarrhée, survenant après consommation d’aliments trop riches (en alcool ou en sucre surtout) ou trop rapidement absorbés. Il disparaît spontanément en quelques minutes.
Les flatulences, relativement limitées et variables en fonction des individus peuvent devenir socialement gênantes.
La diarrhée ou la constipation sévère, touchent moins d’1 patient sur 10. Elles sont souvent en rapport avec la consommation de graisses et peuvent nécessiter un traitement ou un régime adapté.
Les douleurs chroniques de l’abdomen sont possibles et parfois sans cause évidente. Elles nécessitent fréquemment des examens pour s’assurer de l’absence de problème sur le montage chirurgical. Le risque de hernie interne (conséquence du court-circuit intestinal et de l’amaigrissement important) est toujours possible et peut nécessiter une nouvelle anesthésie pour aller vérifier le montage généralement sous cœlioscopie.
Les risques d’occlusion intestinale aiguë sont exceptionnels (moins de 1%) dans les premiers jours qui suivent la réalisation d’un by-pass mais nécessitent le plus souvent une ré-intervention précoce.
L’apparition de calculs dans la vésicule biliaire est possible dans les suites d’un amaigrissement important. En cas de douleur ou de fièvre, une opération de la vésicule biliaire par cœlioscopie est parfois nécessaire. Cette complication est prévenue par la prise de médicaments (Cholurso, Delursan) pendant 6 mois.